lundi 31 mai 2010

Quelques panneaux d'ici

Voici quelques panneaux qu'on a croisés lors de nos récentes expéditions...


Commentaire: Oulala, c'est dangereux Hawai'i en fait! Des coraux qui coupent les pieds on en a rencontrés plein de fois malheureusement... nos orteils et tibias s'en souviennent encore! On a aussi expérimenté les 'dangerous shore break', c'est-à-dire des vagues puissantes qui se cassent tout près du bord. Ce qui est dangereux c'est qu'elles projettent les baigneurs au fond avec beaucoup de force et donc on peut se taper contre le sol et se tordre la nuque. C'est arrivé à Vinz sur la côte nord. Heureusement quelques jours plus tard il a réussi en se rebaignant à se craquer la nuque dans l'autre sens, et donc ça lui a remis la tête en place! Autrement les grosses vagues on aime bien, et quand il y a des courants qui tirent au large on reste où on a notre fond.


Commentaire: On a pris cette photo à Kona mais on trouve ces panneaux partout sur Big Island, pour délimiter les zones qui seraient inondées en cas de raz-de-marée. La ville de Hilo, à l'est, a connu plusieurs tsunamis meurtriers, notamment en 1946 et en 1960.


Commentaire: Bon nous des baleines on demande pas mieux! Ca parait peu probable qu'elles causent un accident, mais ça doit arriver. On a vu un film sur les baleines qui passent l'hiver à Maui et c'est vrai que parfois elles viennent hyper près du bateau, à moitié dessous, pour zyeuter les passagers. Mais ça reste rare.


Commentaire: Et oui encore une fois Hawai'i est une destination dangereuse! Et encore une mangue ça peut aller, mais imaginez une noix de coco! Ce panneau était dans le jardin botanique au-dessus de Hilo. Et il n'était pas là pour rien. Vivi s'est promenée dans le coin (le chemin passait sous l'arbre, pas moyen de l'éviter) et elle s'est fait un peu bombarder (mais n'a pas été touchée, ouf!).


Commentaire: On trouve aussi différent panneaux pour passage-surfeur et passage-nene. Les photos on été prises par Alan et Nath respectivement.


Commentaire: Lorsque nous sommes arrivés à Honolulu, nous avons bien rigolé en voyant les panneaux pour les toilettes. Vinz avait pris la photo des "hommes" et avait oublié de prendre celle des "femmes". Lorsque Aimée est venue nous voir, elle a aussi bien rigolé et a pris la photo du panneau des toilettes des femmes.


Commentaire: Ok ce n'est pas un panneau mais quelles sont les chances de louer une voiture, d'aller trouver une plage complétement éloignée des lieux les plus touristiques et de se retrouver stationné à côté du même modèle de voiture avec un chiffre de différence sur la plaque ???

V&V

samedi 29 mai 2010

Du café et des fleurs

Hawai'i est le seul état des USA où on trouve des plantations de café... normal, c'est celui le plus au Sud! Pour faire pousser du café, il faut un lieu où la température ne descend pas au dessous de 12°C. Il faut aussi: des terrains en pente (pour l'écoulement de l'eau), suffisamment de pluie, etc. La terre volcanique serait idéale pour le café, à cause des minéraux qu'elle contient.

Ici on nous vante le café de la région de Kona (ville sur la côte ouest de Big Island) partout. Pourtant la plus grande plantation de café ne se trouve pas à Kona, mais à Kaua'i (près de Hanapepe: on a été avec Nath et Alan). Mais voilà, le café de Kona serait un des meilleurs du monde. C'est difficile de dire si c'est vrai: de 1 faudrait qu'on goûte tous les cafés, et de 2 ce sont surtout les vendeurs de café qui disent cela. Ce qui est sûr c'est que c'est un des plus chers. Mais on en achète quand même, car on aime bien boire du café en se disant que c'est un produit local!

Les plantations de la région de Kona s'étendent sur une 'bande' de terrain d'une dizaine de km2 (la 'Kona Coffee Belt), que se partagent pas moins de 800 'fermes' de café (eh oui en anglais on dit 'coffee farm')! Ce qui est sympa c'est qu'elles offrent toutes du café gratuit. Quand on avait passé par là avec les parents de Vivi c'était entre noël et nouvel-an donc beaucoup de plantations étaient fermées. Celle où on s'était arrêtée ressemblait plus à un magasin de souvenirs... Du coup la deuxième fois, avec Sylvain, on est allé à une plus petite plantation appelée 'Hula Daddy'. On a visité le local où le café est torréfié ainsi que la plantation elle-même. Le grain de café se trouve dans un fruit qui s'appelle 'cherry'. Il est prêt à être cueilli quand il est rouge.



Photo bonus: Lorsqu'on était à la Dole Plantation avec Aimée (soeur de Vinz), on a regardé dans la "cherry" pour voir à quoi ressemblait un grain de café frais. C'est un peu gluant et sucré!


Les plantations de café occupent la côte ouest de l'île. A l'est, le climat est plus tropical et on y trouve beaucoup de fleurs. On y a visité un jardin botanique avec des plantes tropicales de tous les pays, avec des couleurs, des formes et des tailles parfois impressionnantes!





(Deux photos prises par Sylvain:)



V&V

samedi 22 mai 2010

Retour au Kilauea

Entre noël et nouvel an, on a été visiter le parc national du Kilauea avec les parents de Vivi, le volcan le plus actif du monde! Comme c'est le genre d'endroit dont on ne se lasse pas, on y est retourné avec Sylvain.

Avant d'arriver à Big Island, on s'est renseigné sur l'état du volcan: il est en éruption continue depuis 1983, mais l'éruption n'est pas toujours au même endroit. Elle peut aussi être souterraine. A noël, on avait eu de la chance, car la lave s'écoulait dans l'océan. De jour, on ne voyait que de la fumée, mais quand le soir tombait la fumée se teintait de rose, puis dans la nuit on pouvait voir des gouttes de lave gicler (cf. la vidéo dans le message 'le Kilauea'). Or, quelques jours après, vers le 2 ou le 3 janvier, la lave s'est arrêtée de couler dans l'océan. Elle ne s'écoulait que de manière souterraine.

Au moment où le frère de Vivi est arrivé on savait donc qu'on avait très peu de chance de voir de la lave. On a vérifié les conditions sur internet la veille de notre départ pour Big Island, et malheureusement la lave ne tombait toujours pas dans l'océan. Par contre, il y avait un regain d'activité dans un des cratères et c'était marqué que de nuit on pouvait voir une lumière (pas de lave car on ne pouvait pas s'approcher assez, à cause des vapeurs de soufre). Le soir de notre arrivée à Volcano, on est donc allé voir cette lumière ('glow' en anglais). C'était joli, surtout qu'il y avait la pleine lune. Malheureusement comme toutes les scènes de nuit ce n'était pas facile à prendre en photo.


Le lendemain matin on est retourné au parc du volcan pour visiter. En arrivant, on s'est arrêté au 'visitor center' pour se renseigner s'il y avait un moyen de voir de la lave. Vivi a demandé au ranger: 'est-ce qu'on peut voir de la lave fraîche? bon, on sait bien qu'elle ne coule pas dans l'océan, mais...' et là le ranger l'a interrompue: 'en fait si, elle re-coule dans l'océan depuis 12 heures!' Quel bol incroyable! Du coup on a tout de suite booké un tour en bateau pour aller voir la lave le lendemain. Pendant la journée, on a visité le parc avec les 'steam vents' (vapeur qui sort de la terre, formée par l'eau de pluie qui s'infiltre et est chauffée par le volcan), les rochers recouverts de soufre, les 'champs de lave' des anciennes éruptions (les deux photos ci-dessous ont été prises par Sylvain):



Au-dessus du volcan, il n'y a pas beaucoup d'arbres, à cause de la chaleur de la terre et des émanations de soufre. Il y a surtout des fougères, mais aussi des petits arbres qui s'appellent 'Ohi'a et qu'on reconnait facilement à leurs fleurs rouges en 'pompon'. Ce sont des plantes qui se sont adaptées aux conditions de leur environnement. La plante reconnait quand le vent lui amène des émanations de soufre et ferme les 'pores' qui permettent aux feuilles de respirer. Quand le vent change de direction et amène de l'air sans soufre, la plante rouvre ses 'pores'.



Le jour suivant, on était debout à 3h30, car on avait rendez-vous à 4h30 pour le tour en bateau! Le truc c'est que la lave se voit mieux à l'aube et au crépuscule que la journée. On aurait préféré le crépuscule que l'aube mais la mer était trop agitée. Bref, on est arrivé au lieu de rendez-vous fatigués et le ventre creux, c'était pas super. La mer n'avait pas l'air très agitée comme ça, mais le bateau tanguait pas mal! Après une vingtaine de minutes de 'tape-cul', on est arrivé et là on s'est dit que finalement, ça valait la peine! C'était assez incroyable d'être à quelque mètres de lave en fusion. La lave ne s'écoulait pas très vite, elle avait l'air un peu gluante. Par moment on ne voyait plus rien car au contact de l'eau cela faisait beaucoup de vapeur, puis on revoyait de nouveau. C'était vraiment dingue! (La deuxième et la troisième photo ont été prises par Sylvain)




V&V

mercredi 19 mai 2010

Sable blanc, sable vert, sable noir...

On pourrait croire qu'en vacances à Hawai'i, soit on visite, soit on va à la plage. C'est à moitié vrai, car il y a une troisième option: visiter des plages! Et oui, même s'il y a beaucoup de plages à Hawai'i elles sont toutes différentes, et il y en a qui valent vraiment le détour.

Sur O'ahu, la plage où on va le plus souvent est celle de Waikiki bien sûr, car elle est en face de chez nous. Elle est toujours bondée mais quand même sympa, avec une belle vue sur Diamond Head (cf. message 'Diamond Head'). Les plages de la côte nord sont bien aussi, mais en hiver les vagues sont très grosses donc c'est pas évident de se baigner (c'est plus pour le surf, cf. message 'high surf advisory'). Le plus dur est de rentrer dans l'eau, là où les vagues se cassent: on est au bord, avec pas d'eau du tout, et tout à coup une vague arrive et on a de l'eau jusqu'au cou! Sur les côtes est et ouest aussi les plages sont belles. On aime bien aller à Waimanalo car c'est là où les vagues sont les mieux pour faire du bodyboard (cf. message 'Bodyboard'). Il y a aussi beaucoup de bodyboarders à Sandy Beach, mais les vagues sont vraiment violentes et peuvent causer des blessures à la nuque. Autrement, il y a Kailua Beach, qu'entre nous on surnomme 'la plage d'Obama' car Obama passe ses vacances à Kailua. Elle est belle mais il y a toujours de vent. Pour les kite-surfers (surf avec genre de parapente) c'est l'idéal, mais pour les baigneurs moins car le vent donne froid et met du sable dans les yeux... 


La plus belle plage selon nous c'est Lanikai Beach, à côté de Kailua. Elle est tranquille, avec une mer turquoise. Mais surtout, le sable y est blanc et hyper fin, comme de la farine ou sucre glace! On y est allé avec le frère de Vivi:



A Big Island, on a 'visité' deux plages un peu spéciales. La première est Papakolea Beach, une plage de sable vert. Elle se trouve tout au sud de Big Island (en passant c'est donc aussi le point le plus au sud des states). La couleur vert doré du sable est due à l'olivine, un minéral qui se trouve dans la lave des volcans d'Hawai'i. Quand la lave tombe dans l'eau et refroidit, l'olivine forme de tout petits cristaux. Ces cristaux sont plus denses que les autres fragments de cendre et s'accumulent sur la plage, tandis que le reste des cendres s'éparpille dans l'eau et s'éloigne des côtes.

Pour arriver à Papakolea Beach on a du marcher une heure sous un soleil de plomb, mais c'est vrai que ça valait le détour! La plage était très belle, il n'y avait presque personne, et le sable 'crissait' sous les pieds, pas comme du sable 'ordinaire'. (La première des deux photos a été prise par Sylvain; c'est un peu dommage car le sable apparait moins vert qu'en vrai...)



Le même jour, en fin de journée, on s'est arrêté à Punalu'u Beach, une plage de sable noir. C'est aussi du sable volcanique, des mini-particules de lave. Le fait qu'une plage près d'un volcan soit noire ou verte dépend de la constitution de la lave mais aussi des courants marins (c'est un peu compliqué...). La plage était très belle. Mais surtout, il y avait trois tortues qui dormaient. A O'ahu il y a aussi une plage où les tortues sortent de l'eau (cf. messages 'nos premiers visiteurs' et 'les incontournables') mais alors il y a toujours plein de monde et des gardiens mettent une ficelle rouge autour, etc. Ici au contraire il n'y avait personne que les tortues peinard, c'était encore mieux! (Les deux photos qui suivent ont été prises par Sylvain):



V&V


dimanche 16 mai 2010

Pu'uhonua O Honaunau

On avait fait 4 jours à Big Island à noël, avec les parents de Vivi (cf. messages 'Cascades', 'Volcans', 'le Mauna Kea', 'le Kilauea'). On avait trouvé génial mais on n'avait pas eu le temps de tout voir ce qu'on voulait donc on avait envie d'y retourner. Ca intéressait aussi Sylvain alors on y allé les trois ensemble. Comme d'habitude on a fait plein de trucs, mais on a trouvé un bon équilibre entre visites culturelles, plages, nature et activités donc comme d'habitude c'était génial!

Au sud de Kona, on a visité "Pu'uhonua O Honaunau". Mais qu'est-ce que c'est donc? En français, ça se traduit "La place de refuge de Honaunau". Ca ne vous aide toujours pas à savoir ce que c'est? Alors, petite explication:

Avant que les missionnaires ne convertissent les Hawaiiens au christianisme et au mode de vie occidental, la société à Hawai'i avait pour particularité qu'elle reposait sur un système de tabous (mot qui est d'ailleurs dérivé du mot hawaiien 'kapu'). Les tabous était des interdits qui réglementaient la vie en société. Par exemple, pour une personne du peuple, il était interdit de regarder un noble (en hawaiien, 'ali'i'). Ou encore, il était interdit aux hommes et aux femmes de manger ensemble. 

Transgresser un tabou (même sans faire exprès) attirait, pensait-on, la colère des dieux, qui se manifestait par des éruptions volcaniques, des tempêtes, des raz-de-marée, etc. Le seul moyen de calmer la colère des dieux était de tuer la personne ayant transgressé le tabou. Ainsi tous les tabous, qu'ils nous paraissent à nous graves ou moins graves, étaient punis de la même manière, par la mise à mort du coupable.

Mais il y avait une exception: il existait des lieux sacrés appelés 'place de refuge'. Si un briseur de tabou avait le temps de se réfugier dans un de ces lieux sacrés avant d'être attrapé et mis à mort, il était sauvé. Un prêtre prononçait une prière pour apaiser les dieux et le briseur de tabou était pardonné: il pouvait rentrer chez lui sans être inquiété. Les places de refuge étaient aussi utilisées pendant les guerres, par les guerriers blessés ainsi que les personnes ne combattant pas, qui ne pouvaient ainsi pas être attaquées.

Le système des tabous a été aboli en 1819, année qui marque le début de l'abandon des croyances hawaiiennes anciennes. Cette année-là, la veuve du roi Kamehameha premier (1er roi de l'archipel; avant, chaque île avait son roi), Ka'ahumanu, a décidé de briser un tabou en mangeant avec son beau-fils, afin de voir si la colère des dieux allait se manifester. Comme rien de spécial ne se passa à la fin du repas, cela fut considéré comme preuve que les dieux n'existaient pas. La reine ordonna alors la destruction des temples hawaiiens.

A Honaunau, on peut visiter l'ancienne place de refuge. Elles se situe à côté d'un autre lieu considéré sacré qui était réservé aux nobles et à leurs serviteurs. La place de refuge est délimitée d'un côté par la mer, de l'autre par un large mur de pierres. Ce mur est d'ailleurs la seule chose qui subsiste des temps anciens: commes les maisons de l'époque étaient en bois et feuilles, elles n'ont pas subsisté. De plus, le temple qui se situait à l'entrée de la place de refuge a été détruit après l'abandon de la religion hawaiienne. On peut cependant voir des reconstitution de maisons et du temple avec des tiki (sculptures en bois, genre de totems) qui en gardent l'entrée (la première des trois photos a été prise par Sylvain):




Note: le mot 'kapu' est encore utilisé aujourd'hui pour désigner quelque chose d'interdit:


Vivi